Un éléphant de bronze fait de canons
Le décret impérial du 9 février 1810 fixe le programme. L’animal doit être coulé dans le bronze de canons pris aux Espagnols, porter une tour à la manière des éléphants de guerre antiques et faire jaillir l’eau par sa trompe. Le monument devait ainsi remplir une fonction utilitaire tout en donnant une traduction monumentale aux victoires de l’Empire.
La réalisation est d’abord confiée à l’architecte Jacques Cellerier, puis à Jean-Antoine Alavoine, sous la direction de Dominique-Vivant Denon. Plusieurs sculpteurs proposent leur vision du colosse ; le modèle de Pierre-Charles Bridan est retenu. L’éléphant projeté mesure environ 14,60 mètres de haut et 16,20 mètres de long. Un escalier aménagé dans l’une de ses pattes doit permettre d’accéder au mécanisme hydraulique.
Le choix de l’éléphant n’a rien d’anodin, mais son interprétation exacte demeure incertaine. L’animal peut évoquer à la fois les armées d’Hannibal, l’Orient rêvé par l’Europe impériale et une puissance presque souveraine. Toute explication plus précise relève cependant de l’hypothèse : aucun document décisif ne permet d’établir avec certitude l’intention symbolique de Napoléon.